Hipsters, meubles et écureuils

Contrairement à ce que vous verrez notifié un peu partout dans les guides, la 1ere religion à Montréal n’est pas le catholicisme, c’est le hipster.

Le hispter semble être ici l’évolution normale de notre bobo parisien. A l’instar des écureuils, il prolifère dans la ville, ayant comme lieu de prédilection le quartier du Plateau (oui, là où on va habiter). Mais contrairement aux petits rongeurs suscités (d’ailleurs j’ouvre une longue parenthèse parce que je suis un peu traumatisée par l’absence d’affection des québécois envers ces écureuils tellement miiiiiignons. Et que sur le site du jardin Botanique ils donnent même des conseils pour les éloigner. Et pour faire fuir les chevreuils aussi… Je me demande à quoi ressemblerait une attaque de chevreuils affamés sur mon futur balcon. Maximilien me soutient que c’est très agressif les chevreuils et que ça te file des coups de latte quand t’as pas de biscuits à leur filer, il en a vu au Japon. Je reste dubitative. Mais BREF, revenons-en au sujet.) Le hipster, contrairement aux petits rongeurs suscités, disais-je, n’a pas de fourrure mais sort mollets et bras à l’air par -5°.

Il a des poils par contre, surtout le spécimen mâle, qu’il entretien avec soin. Avec goût, ça se discute. Il a généralement de grosses lunettes, des chemises à carreaux et nourrit une passion pour le vintage. Comme moi. On a aussi en commun l’amour des paillettes et du kitsch mais ça s’arrête là ok ?! Pour en finir avec ma métaphore sur les écureuils, je pense que je nourris la même inimité vis-à-vis des hipsters que les québécois envers les bestioles poilues tout en menant une coexistence quasi pacifiste.

Mais moi j’ai une bonne raison : la guerre des meubles. J’explique.

Pleine d’entrain à l’idée d’aménager notre futur appart’, j’avais cependant pas envie de tout acheter chez IKEA. Parce que ouais, c’est pratique mais esthétiquement, c’est pølfün. Nan, même pas honte. Et parce que chiner, c’est génétique, un truc de famille.
Avant de venir, on m’avait par ailleurs longuement vanté les mérites de « l’usagé », à savoir du marché de l’occasion, m’affirmant qu’on trouvait des meubles partout pas chers, que les gens mettaient sur les trottoirs  les trucs dont ils ne voulaient plus, et que Montréal était le Paradis de l’ameublement « Do it yourself ». Il ne faisait donc aucun doute dans ma petite tête que j’allais cueillir des sofas Jean Royère sur les arbres, qu’un raton-laveur m’aiderait ensuite à installer. (C’était histoire de changer des écureuils.)

Déception pour la grande naïve que je suis.

Car de meubles dans les rues, y en a pas. Faut attendre les alentours du 1er juillet quand tout le monde déménage pour faire de la récup’. Les baux durant 1 an, de juillet à juillet, la plupart des montréalais quittent en effet leur chez eux à la recherche d’un nouveau, plus grand et/ou moins cher.

C’est là qu’on arrive à la guerre des meubles. Les hipsters, moi et donc 70% de la population de Montréal partageant cet même amour de la récup’, voilà que dans une bonne logique économique, les boutiques vintages fleurissent partout sur le boulevard St Laurent.  Alors c’est très joli, certes, mais payer un Monopoly où il manque le chapeau et la moitié des cartes « Chance » plus cher qu’un neuf, je vois pas trop l’intérêt. Le hipster, si. Du coup, ça se vend. Et les prix grimpent n’importe comment.

Du coup, on a décidé d’aller faire un tour dans les magasins d’occas’ de la chaîne Le Village des valeurs. Soit faire une bonne action pour la réinsertion des personnes en difficulté en achetant des produits provenant de dons. Bon ça, c’est pour nous donner bonne conscience, l’intérêt étant avant tout financier.

On a d’ailleurs trouvé des cools décorations de Noël anciennes vraiment pas chères, un nombre incroyable de trucs qui nous rappelait nos après-midis chez mamie mais toujours aucun meuble à l’horizon. Pas de hipsters non plus, notez. On nous a aussi conseillé L’armée du Salut ou certains bazars d’églises pour faire de bonnes affaires mais on a pas eu l’occasion de tester.

Dans les bons plans par contre, on est tombé sur cette étrange boutique, La boutique du collectionneur (4569, boul. Saint-Laurent).

C’est une sorte de bric-à-brac rempli du sol au plafond, littéralement, de cigarettes américaines des 50’s, de coiffeuses Art Déco, d’anciens coffres de train, de photos érotiques des 30’s et d’autres innombrables babioles. La bonne surprise c’est que si certains objets sont plus chers évidemment, on trouve de tout à prix raisonnable et surtout… DES MEUBLES. Vu que ce sera pas loin de chez nous et qu’ils livrent, il y a des chances qu’on se laisse tenter.

Puis faudra que je vous raconte aussi la fausse bonne idée d’aller à une braderie de jeune designers un dimanche après-midi, où on trouve des bijoux en bois décorés avec un pyrograveur Ravensburger, très moches, vendu 50$ pièces. Un autre jour. Bisous.

5 thoughts on “Hipsters, meubles et écureuils

  1. J’aime la façon dont c’est raconté ! 🙂 . Etant une fan des meubles et interrieur moderne ( oui blanc-noir & gris sans aucune vie ) je pense donc pouvoir trouver mon bonheur à Ikéa sans avoir a batailler avec les hipster :). Mais je sens que ce blog regorge de surprise je continue donc ma visite! ( Préviens moi si tu trouve un raton laveur qui aide au déménagement ça doit être trognon !! 😉 )

  2. Et on peut pas imaginer une campagne de santé public genre « les écureuils c’est la hype » comme ça les hipster les ramène chez eux et les deux espèces se détruisent mutuellement: l’un et lui crevant les yeux et l’autre en l’empoisonnant avec du quinoa?

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