Cher papa Noël

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Ça fait quelques années qu’on ne s’écrit plus toi et moi. Non que tu m’aies souvent répondu dans le passé mais à vrai dire, j’attendais uniquement que tu m’apportes le Barbie van rose avec la jeep, pas que nous entretenions une relation épistolaire.

Depuis, il y a eu les enveloppes au bas du sapin avec les Francs puis les Euros qui ont définitivement mis un terme à notre relation, doutant sérieusement que tu aies un penchant pour les investissements en cash, et par là-même, de ton existence. Mais disons qu’on va faire comme si, la trentaine me rendant nostalgique.

Cher papa Noël,

Cette année il me faudrait un travail. Ou que tu me rendes très riche. Mais on a dit que je ne te croyais pas matérialiste, je vise donc réaliste. Réaliste mais étant donné que t’es un gros monsieur en traineau qui vole, on va dire que j’ai des attentes ajustées à ta fonction. Je ne voudrais donc pas seulement un travail mais un travail vers lequel je marcherai chaque jour le pas léger et l’œil brillant (oublie cela si je n’ai même pas besoin de bouger de mon canapé), des collègues gentils, un salaire décent et de la création dedans. Des mots ou des photos, je te laisse choisir.

Je voudrais aussi du temps. Le temps c’est important, pour ne rien faire par exemple. Ou regarder la neige tomber. Compter les moutons. Me vernir les ongles. Apprendre le crochet puis l’italien. Faire des ratatouilles. Tu ne peux bâcler une ratatouille comme ça, en une heure.

J’aimerais aussi que tu m’apportes des billets d’avion, plein. Si tu me donnes le temps, j’ai un monde à voir, des amis à retrouver, des plages à visiter, des montagnes à gravir. Tu es bien placé pour le savoir, la Terre est vaste, je ne peux pas tout découvrir en seulement 2 semaines par an.

J’aurais aussi besoin de Lego pour occuper mes longues soirées d’hiver, de bouteilles de bon vin (une préférence pour les Bordeaux) pour la même raison, d’un lave-vaisselle afin d’améliorer ma vie de couple, de plus de chaussures car on n’a jamais trop de chaussures et d’un autre chat. Mais ne t’embête pas avec la petite bête, c’est déjà en négociation ici.

Je crois que c’est déjà pas mal puis tu vois, je ne suis pas trop exigeante, mes requêtes ne devraient pas peser trop lourd dans ta hotte. Ha ! Une dernière chose. Noël c’est le moment de l’amour partagé et de l’envie de voir les autres heureux. Alors je mets mon égoïsme de côté pour que tu aides les scénaristes de Homeland à écrire une saison un peu moins nulle l’année prochaine.

Je t’embrasse, n’attrape pas froid, ne reste pas coincé dans la cheminée.
Marianne

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Va mourir Marie Laforêt

Ce que je déteste vraiment vraiment beaucoup avec la neige c’est qu’à chaque fois mon cerveau doit supporter la chanson Il a neigé sur Yesterday de Marie Laforêt. A chaque fois. Toute la journée. Putain de réflexe pavlovien.

Tout ça parce que Mr Wattez, mon prof de musique au collège, nous a obligé à la chanter, PIRE, à la jouer à la flute à bec, un semestre durant. Si en plus je vous explique que je suis fan des Beatles et que donc cette chanson hante aussi mon crâne à chaque fois que je lance Help! vous comprendrez mon désarroi face à cette malédiction musicale.

C’est d’autant plus dommage que j’adore la neige qui craque sous mes pieds, le silence autour, les reflets qu’elle capte et renvoie. IL A NEIGE SUR YESTERDAY LE SOIR OU ILS SE SONT QUITTES. Sauf que là c’est plus possible, je souffre dans mon âme. IL A NEIGE SUR YESTERDAY CETTE ANNEE-LA MEME EN ETE. Je vous parle même pas de la richesse des rimes.

Sur ce, je vais me laver les tympans et je vous laisse avec une (petite) série photo sur Marie Laforêt la première tempête de neige de la saison, le noir&blanc et la lumière. Bisous.

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1 an au Québec

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Quand notre avion s’est posé le 26 novembre 2012, nous avions un chat, des valises, du vin, et l’idée qu’un an était la limite qu’on se donnait afin de savoir si l’on voulait habiter ici ou non.

365 jours et 107 articles de Froid Sec plus tard, nous n’avons toujours pas décidé. Ce n’est pas tout à fait vrai cependant, puisqu’il n’est pas question de revenir en France pour l’instant, que nous sommes bien installés et qu’on aime vraiment notre pays d’accueil. Ce qui équivaut sûrement à : « On se donne un an de plus pour voir ! »

Bien sûr, nos amis restés dans leur pays loin là-bas alors qu’on a les yeux dans l’eau nous manquent. Et nos familles aussi. Puis on aimerait bien parfois que 5000 km se fassent plus facilement. Mais il faut dire qu’on a aussi rencontré ici plein PLEIN de gens formidables qui nous réchauffent souvent le cœur (hooooooooo).

Aller, trêve de mièvrerie, j’avais envie pour ce post un peu spécial de vous faire une liste des clichés Montréal/Paris qui ont changé notre vie cette dernière année. Les habitudes qu’on a adoptées ou celles de notre passé qui ont la vie dure. Florilège :

 

– On boit de nouveau de la bière. Beaucoup de bière. Tu passes de 8€ pour ton verre de Heineken à 6$ la pinte de bière locale. Forcément.

– On est devenu schizophrène de la nourriture. Surtout moi. Je continue d’alterner entre strict végétarisme et burgers/frites. Je suis totalement paranoïaque sur la provenance de la viande, persuadée qu’elle est bourrée d’hormones (alors qu’avec l’Union Européenne, je doute que ce soit bien mieux). Mais d’un autre côté, je ne peux pas me résoudre à un burger végé de Frites Alors.

– On fait du sport. Et on en parle. Et on aime (presque) ça. Une parisienne t’expliquera toujours qu’elle est mince grâce à sa constitution exceptionnelle qui lui permet de manger du fromage tous les jours sans bouger de son canapé. Ici, c’est un peu plus réaliste.

– Quand il fait -10° lors de notre second hiver et que nos potes français débarquent en hurlant « Il fait froooooid ! » on leur explique que non, ils verront en janvier, avec l’indice éolien. Alors que j’ai toujours aussi froid mais ça fait genre.

– On comprend toujours pas l’accent dans toutes ses subtilités mais là encore, quand on compare avec les nouveaux venus, on s’en sort bien. On a quelques expressions qui sont passées dans notre vocabulaire courant (« entouca » « benlàlààà » « Tsé » « Tu sais tu »…) mais c’est pas tout à fait au point.

– Quand on finit notre journée de travail à 18h, on se dit qu’on a fait beaucoup trop d’heures sup’.

– On est un peu moins con sur plein de trucs. Comme ne pas traverser quand le feu est vert. Ne pas essayer de rentrer dans un bus et/ou un métro à 10 en même temps sans laisser les voyageurs précédents descendre. Dire « Salut ! Ça va ? » aux gens qu’on connait pas au lieu de marmonner « B’jour ».

– Le café est devenu une religion. Une religion dans laquelle tu oublies un peu la saveur. Mais à laquelle tu te dévoues entièrement au moins 8 fois par jour dans des mugs gigantesques.

– On a toujours un peu honte de ne pas parler anglais parfaitement alors que les 2 langues cohabitent ici.

– On ne comprend plus ce qu’est le vouvoiement.

– On a renoncé à aller au cinéma quasi gratuitement pour voir n’importe quel film. On choisit un blockbuster par mois à 20$. Outch.

– Le vin est un souvenir douloureux. Allez, pas tout à fait. Mais c’est un investissement précieux, rare, et aléatoire.

– On a beaucoup trop de choix complexes à faire. Pour les vacances de Noël, on part dans un chalet pour skier ou on va à New York ?

Premiers flocons

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Dans 17 jours, nous fêterons notre tout premier anniversaire montréalais. Le temps a beau passer à une vitesse incroyable, grâce à l’omniprésence des saisons, je le vois s’écouler distinctement ici. Chacune d’elle apporte des couleurs différentes, des odeurs particulières, changeant la ville, les gens, nos habitudes.

Et puis même si souvent je me plains de froid, je l’aime aussi. J’aime savoir qu’avec l’hiver arrive Noël, les soirées sous les couvertures, les piles de livres qui vont enfin descendre, les séries qui n’attendent qu’à être regardées, les soupes maison… J’aime l’idée que ma vie soit rythmée par les cycles de la nature.

Ce soir, les premiers flocons sont tombés et c’était beau. Dans 2 mois, 3 mois, je pesterai encore contre le temps qui passe et celui qu’il fait mais aujourd’hui, j’en profite. Bisous.

 

 

Passion Halloween : la suite

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Demain c’est Halloween ! Ouiiiiiiiiii. Je suis toujours aussi hystérique à cette idée comme vous pouvez le constater, j’ai d’ailleurs trouvé mon déguisement et surtout du latex pour faire des cicatrices super crades.

Je vais m’en donner à cœur joie, histoire sans doute de combler cette frustration de n’avoir pu jusqu’ici embrasser la même carrière que Tom Savini. Blague mise à part, maquilleuse d’effets spéciaux a toujours été un de mes jobs rêvés.

Mais là c’est plutôt pour vous parler de mes (nos d’ailleurs) talents de sculpteur de citrouilles que je suis là. Avec Maximilien qui a ramené à bout de bras deux citrouilles d’environ 5kg chacune, nous pouvons commencer ce petit tutoriel par un conseil avisé : ne ramenez pas les citrouilles sans moyen de locomotion chez vous. C’est douloureux.

Première étape : faire chier le chat en lui faisant faire des trucs débiles avec la citrouille. Ne fonctionne que si vous avez un chat.

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Deuxième étape : dessiner votre modèle de découpe au feutre indélébile (la citrouille c’est très humide, quand on la vide, ça coule…) et couper le chapeau. Vers l’intérieur, histoire qu’il tienne correctement quand vous le remettrez à la fin.

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Troisième étape : faire de nouveau chier le chat. Étant donné qu’on peut s’appliquer ceci à toutes les étapes (si vous avez un chat), je pense que vous avez saisi le concept.

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Quatrième étape : vider la citrouille. A la main, à la cuillère. C’est long et chiant. Et visqueux. Et chiant. Bien racler sur les bords pour enlever toute la chair et retarder la décomposition.

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Cinquième étape : prendre un ustensile tranchant pour faire la tête de votre citrouille. Genre… Un couteau.  Nous on a opté pour une perceuse parce qu’on est de gros flemmards puis aussi parce que j’avais vu des modèles de citrouilles à trous qui me plaisaient beaucoup beaucoup.

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Cinquième étape : laisser sécher au frais votre citrouille au moins une nuit, bourrée de papier journal. Et voilà !

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Toujours dans les p’tit DYI, la guirlande en papier « fantômes » parce que c’est vraiment trop cute. Puis en plus comme ça je peux faire des vidéos sur Vine de Kyle, le fantôme qui voulait faire peur mais qui n’y arrivait pas.

– « Marianne tu as beaucoup trop de temps libre. »
– « Je sais. »

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Kyle

Passion Halloween

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Enfin cette année je n’aurais pas à subir les « Pfff mouais moi les déguisements tu sais… », « Nan mais Hallloween c’est les Zétazuni, c’est le capitalisme ! ». Cette année je suis sur le bon continent pour fêter l’orange et le noir, les bonbons et la peur qui fait pas vraiment peur pendant au moins un mois une semaine sans que personne ne vienne me dire que j’ai des lubies débiles de pop culture. Puis de toute façon, oui, j’ai plein de lubies débiles de pop culture. Pire, j’adore ça.

J’ai même poussé le vice jusqu’à ajouter une touche de Do It Yourself à Halloween pour bien enfoncer le clou de girofle. Je passerai aux sculptures sur citrouilles géantes ce week-end puis aux guirlandes en fantômes aussi. Aujourd’hui j’ai commencé sur des modèles de courges réduits trop meugnons au marqueur fin et à main levée, s’il vous plait. Et j’suis pas peu fière du résultat !

Restera le problème du costume sur le thème : « Les célébrités en zombies ». Parce que oui, j’aurais aussi un VRAI party Halloween cette année. Alors si vous avez des idées de stars en morts-vivants auxquelles Max & moi ressemblons, nous sommes tout ouïe.

Bouh !

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Jack-O’-Lantern

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Jack-O’-Lantern pas content.

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The Nightmare Before Christmas

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Monsieur Frankenstein (vous noterez le détail des petites verrues naturelles sur la citrouille <3)

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Inspiration asiatique (de nuit)

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Pendant que nos amis Ambre et Thomas sont venus passer 6 jours à Montréal, nous n’avons pas fait que boire et manger. Essentiellement certes. Mais nous sommes aussi retourné au jardin botanique dont je vous avais parlé ici afin de voir les jolies loupiotes éclairées. Et ce fut superbe ! Même si on a failli mourir étouffé sous une foule grouillante. J’aime pas les foules grouillantes. *Schtroumpf grogon sort de corps.*

Ce fut une semaine tellement remplie entre nos amis parisiens qu’on était trop content de revoir, une semaine de boulot proche du 9ème cercle de l’Enfer et l’anniversaire de Maximilien que nous avons fêté plus que dignement !

C’est ainsi qu’un lundi à 22H48, avec un corps au bord de l’épuisement ainsi qu’un esprit sévèrement diminué (j’ai découvert ce jeu : Cookie Clicker. Ou plus exactement je me suis résolue à cliquer dessus un mois après tout le monde. 5 heures que j’y suis pour générer 2 385 647 gâteaux à la seconde… Je sais, ça ne s’arrange pas) je me suis dit qu’il faudrait que je fasse le tri sur toshop de ces merveilles illuminées.

Je ne suis pas entièrement satisfaite du résultat mais j’ai sauvé quelques clichés pas trop mal. Cheers !

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Les travailleurs du dimanche et la cuisine

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Vous avez remarqué vous aussi à quel point ce blog censé relater notre expérience sociologique auprès des autochtones canadiens francophones (ils vont encore m’aimer tiens) devient totalement n’importe quoi ?

J’essaye bien encore de trouver des rapport entre le Québec et mes articles mais ça dérive autant qu’un iceberg effrayé par le réchauffement climatique. La suite du road trip californien ? Elle arrive, quand j’aurais le temps de trier mes 3489 photos. Car en parlant de temps, nous nous sommes découvert ici une nouvelle lubie : le bricolage (et corrélativement la décoration). Maximilien a fini de changer tous les interrupteurs de l’appartement pour mettre des machins qui changent d’intensité. Le reste du temps on ponce, peint, arrange, organise. Bref nous souffrons de Pinterestation aigüe.

Dernièrement ce fut la cuisine qui a subit nos assauts de pinceaux. Avec une table récupérée dans la rue, même chose pour la chaise ainsi que 2 autres petites chaises IKEA, on y va à l’économie. Je vous avez déjà parlé de mon rapport haine/amour avec nos amis hipsters du Plateau fan de vintage. On investit par contre plus dans le matériel qui sert à rénover le vieux (peinture, ponceuse, masking tape et des trucs que je ne savais même pas que ça existait). Du coup la récup, bon plan ? Oui et non. Mais au moins pour le plaisir de faire les choses soi-même et d’avoir – plus ou moins – le résultat voulu à la fin : oui.

Ceci était un post sponsorisé par mes ampoules, merci. (Et désolée pour la lumière cracra des photos. Ampoule, lumière… Oui je sors).

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